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Découvrir l’architecture de Paris : les kiosques à journaux

Découvrir l’architecture de Paris : les kiosques à journaux

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Paris possède un mobilier urbain d’une incroyable richesse. Souvent, on se promène dans les rues de la capitale sans vraiment y prêter attention. Les éléments d’architecture urbaine comme les colonnes Morris ou les fontaines Wallace se fondent complètement dans le décor et constituent une part importante de l’identité de la ville. Parmi les éléments d’architecture iconiques qui ont traversé les âges, on retrouve les kiosques à journaux.

Architektôn vous fait voyager sur les pas de ces petits édifices du XIXe siècle !

Paris kiosque journaux

Comment est née la presse parisienne ?

Pour comprendre l’histoire des kiosques à journaux de la capitale, il faut se pencher d’abord sur l’histoire de la presse. Dès le XVIe siècle, on atteste de la présence de journaux rédigés à la main dans divers pays d’Europe, comme l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne et la France.

La toute première revue française à être entièrement rédigée en langue française, et non en latin, est fondée à Paris. Elle sort des presses tous les ans et résume les faits marquants de l’année. Le Mercure françois est ainsi publié de 1611 à 1648.

C’est en 1631 que paraît le premier périodique officiel, La Gazette, lancé à l’initiative du médecin de Louis XIII, Théophraste Renaudot, avec l’appui de Richelieu. C’est le début de la presse parisienne ! LaGazette sort tous les samedis et possède le “monopole de l’information politique”, accordé par le Conseil du roi.

D’où viennent les kiosques à journaux parisiens ?

À la Révolution française, on établit la liberté de la presse. Des dizaines de journaux voient alors le jour et de nombreuses parutions sont mises en place. La prise de pouvoir de Napoléon marque un certain frein à l’activité de la presse, mais la vente de journaux commence à devenir une véritable activité dans les années 1850.

Au début, les colporteurs s’installent le long des voies passantes, près des tavernes et dans les jardins de Paris pour vendre leurs journaux. Au fil du temps, leurs étals deviennent plus définitifs. C’est finalement le baron Haussmann qui décide de venir donner un vrai cadre à la vente des journaux : il fait installer les premiers kiosques sur les Grands Boulevards, en 1857.

Qui est à l’origine de l’architecture des kiosques à journaux de Paris ?

Gabriel Davioud est choisi par Haussmann pour dessiner les kiosques à journaux parisiens. Cet architecte français a édifié de nombreux monuments à Paris, comme les deux théâtres de la place du Châtelet, et travaille beaucoup avec Haussmann sur le mobilier urbain de la ville. Il est par ailleurs à l’origine du design des colonnes Morris, mais aussi des bancs, des poubelles, des lampadaires et de certaines fontaines de la capitale.

Le modèle de kiosque à presse imaginé par Davioud est décoré de festons – des ornements sculptés en forme de guirlandes – et d’un petit dôme. Il est d’une couleur vert foncé, la couleur choisie pour le mobilier urbain de Paris et que l’on retrouve notamment sur les fontaines Wallace et les colonnes Morris.

Plus d’une cinquantaine de ce modèle de kiosque haussmannien est installé dans les rues de la ville entre 1857 et 1859. Il sert également  à éclairer la rue, puisque des systèmes lumineux y sont accrochés.

Notons qu’à l’origine, seules les veuves de guerre et de fonctionnaires peuvent devenir kiosquières pour vendre des journaux.

Comment ont évolué les kiosques à journaux dans Paris ?

À la fin des années 1880, on compte plus de 350 kiosques disséminés dans tout Paris ! La ville en est propriétaire, mais ils redeviennent privés en 1900. Ce sont les époux Rénier qui les acquièrent, et ces derniers en font aussi des espaces publicitaires. Leur entreprise, appelée “Administration d’Affichage et de Publicité” (AAP) connaît un grand succès commercial. Elle est rachetée par les Éditions Hachette en 1948. Les kiosques à journaux constituent des atouts financiers jusqu’au début des années 2000, où ils perdent en attractivité.

L’arrivée d’Internet fait diminuer la vente de journaux, et les kiosques voient leur succès décroître. L’AAP change de nom en 2009 au profit de MédiaKiosk, une société dont l’actionnaire majoritaire n’est autre que JCDecaux, qui détient également les colonnes Morris de la ville de Paris.

Face aux difficultés connues par les kiosques, la ville de Paris les autorise à diversifier leur activité. Désormais, ils sont aussi autorisés à vendre des snacks, des titres de transport ou encore des petits souvenirs en plus des journaux et magazines.

Vers la fin des kiosques à presse haussmanniens ?

En 2017, un nouveau modèle de kiosque à journaux est installé dans le 14e arrondissement de Paris. S’il a conservé sa couleur verte, il est néanmoins doté de nombreuses innovations pour le rendre plus pratique. De forme plus épurée, plus haute et plus ouverte, il se veut plus accessible : les clients pourront feuilleter plus facilement les revues qui y sont présentées, et à l’intérieur, à l’abri ! Il doit aussi diminuer de 20 % le nombre de publicités qui sont affichées sur ses cloisons, tout comme sa consommation énergétique.

En deux ans, la mairie de Paris prévoit d’installer 360 nouveaux kiosques pour “redynamiser le réseau de vente de la presse à Paris” et “améliorer les conditions de travail des kiosquiers”.

C’est l’agence matali crasset qui a conçu l’architecture de ces nouveaux kiosques, “inspiré[e] des ateliers et des toits parisiens”. Malgré son identité parisienne, ce nouveau design a suscité une vive polémique. Les défenseurs du patrimoine ont en effet élevé leur voix pour contester le renouvellement de ce mobilier urbain, qu’ils considèrent comme emblématique de Paris.

Faut-il préserver le patrimoine urbain parisien au prix du confort et de la praticité ? Ou au contraire moderniser en respectant l’identité visuelle historique du kiosque pour le rendre plus accessible ? Le débat est légitime, mais reste que la Mairie de Paris a tranché.

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