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Culture architecturale : l’urbanisme américain contre l’urbanisme européen

Culture architecturale : l’urbanisme américain contre l’urbanisme européen

Sommaire de l'article

L’urbanisme est un sujet très important de nos jours. Avec l’amélioration de l’espérance de vie et de la qualité de celle-ci, la population mondiale a subi une incroyable augmentation. La majorité des gens habite aussi dans les villes, avec 56 % de la population mondiale vivant en milieu urbain. L’Europe, avec son histoire et ses anciennes structures, a suivi un modèle d’évolution très différent des États-Unis, un pays relativement jeune et le berceau de l’automobile. 

Découvrez les différences qui séparent ces deux environnements urbains, et leurs raisons d’exister. Cultivez donc cette culture architecturale, qui vous servira aussi bien dans votre futur métier que dans votre vision du monde !

L’Europe, ou l’évolution de la ville fortifiée

Une formation au fil du temps

Les villes européennes ont suivi un modèle d’évolution à travers le temps, et ce dès l’apparition des premières villes.

Ces villes se formaient autour d’un centre-ville historique, souvent datant de l’époque romaine pour les anciennes conquêtes de l’Empire romain. Avec l’évangélisation, le cœur des villes comprenait souvent une église ou une chapelle, ainsi que l’administration de la ville. Un mur marquait la délimitation avec l’extérieur, et la banlieue commençait à partir de son extérieur. Bien souvent, les habitants vivant au sein de ces villes étaient les plus fortunés (pas seulement !) comme les marchands, et les moins riches vivaient en dehors de l’enceinte, comme les fermiers, meuniers et autres métiers manuels.

Au cours du temps, ces habitations existant en bordure des murs se sont densifiées, et se sont retrouvées à former la nouvelle délimitation de la ville. Il est possible de retrouver des restes ou même des murailles complètes dans les villes les plus anciennes d’Europe comme à Prague, Grenade, York et Dubrovnik. Paris aussi à évolué à travers le temps, et construit plusieurs enceintes qui aujourd’hui ont disparues. Cette évolution circulaire est la raison de cette forme urbaine particulière, avec les plus riches vivant au centre-ville, et les moins fortunés en bordure. Ces villes se sont aussi formées avant l’apparition de la voiture, ou d’une quelconque forme de transport de masse, résultant en des rues et routes plus étroites.

L’évolution vers l’ère contemporaine

Bien sûr, ces villes ont souvent évolué. Que ce soit avec l’apparition des villes militaires et des forts en étoiles pendant la Renaissance, qui ont leur propre agencement, ou l’époque des grands travaux pour amener les villes à l’ère moderne (Haussmann ou l’époque régence pour le Royaume-Uni par exemple), les villes d’Europe revendiquent toutes cet héritage historique. De nos jours, les transports en commun sont aussi très présents du fait de leur introduction avant la voiture, et des possibilités qu’ils amenaient aux villes. Tramway et trains, plus tard remplacés et améliorés, sont souvent restés un point important des plus grandes villes. 

Les faubourgs et petites villes extérieures se sont aussi souvent faites absorber par les grandes villes lors de la Révolution industrielle. De nombreuses personnes habitant en milieu rural se sont dirigées vers les villes, provoquant une demande en habitations et une explosion dans le milieu de la construction. Cette augmentation du nombre d’habitants à ainsi agrandi les villes les plus riches et industrialisées, créant aussi ce clivage entre le milieu urbain et le milieu rural.

Les États-Unis, la rupture avec les origines

Un point de départ plus récent

Les villes américaines ont subi un changement radical lors de la révolution industrielle. De nombreux américains ont émigré vers les villes, et les classes sociales plus aisées se sont déplacées ailleurs, fondant les premières banlieues, formant les bases de “l’american dream”.

Pour commencer, les villes américaines ne remontent pas à une époque aussi ancienne que celles d’Europe. La colonisation s’est faite progressivement au cours du XVIIe et XVIIIe siècle, avec la fondation des 13 colonies. Ces anciennes colonies sont aujourd’hui encore beaucoup plus proches du modèle européen tel qu’on le connaît. 
La formation de ces villes s’est également faite de manière plus rapide et sans un centre-ville historique séculaire, résultant en une forme différente, plus carrée et pratique. De nombreuses petites villes se sont éparpillées partout au sein du pays, mais il s’agissait souvent de groupements colons faits lors de la ruée vers l’ouest, préparant le réseau autoroutier qui devaient arriver dans le futur.

Une évolution avec la voiture

Le véritable changement est arrivé en deux fois. Tout d’abord, lors de la Révolution industrielle et l’arrivée des immigrants venant du milieu rural vers le milieu urbain, de nombreuses fortunes décident de quitter les villes et de s’installer dans leur propres domaines, à l’écart des villes et de leur soudain afflux de nouveaux habitants.

En un second temps, à partir des années 30 et surtout après la Seconde Guerre mondiale, et l’urbanisation des États-Unis au sens large. Il est souvent dit des États-Unis qu’ils ont été construits autour de la voiture, et dans de nombreux cas c’est vrai. Pendant les années 1950 et 1960, l’urbanisation des villes se fait autour de ce moyen de transport révolutionnaire que de nombreuses familles achètent pour se déplacer dans ce grand pays. Robert Moses est dit être le précurseur de ce changement.

L’exode des familles aisées vers l’extérieur des villes continue alors avec ces nouvelles banlieues uniformes représentant le rêve américain et l’envie de posséder son propre domaine. Les autoroutes sont apparues pour mieux connecter ces différents endroits avec la ville elle-même et son centre d’affaires. Les anciennes villes rurales des colons se retrouvent plus connectées avec les centres urbains par ces grandes autoroutes traversant le pays, provoquant leur évolution poussée encore et toujours par la voiture.

Deux poids deux mesures

Aujourd’hui, les différences entre ces deux environnements sautent aux yeux, mais les raisons de cette évolution sont souvent méconnues, en dehors des grands stéréotypes. Là où l’Europe à évolué lentement, les États-Unis se sont rués vers l’avant. Il existe aussi des raisons économiques et géographiques à ce changement, mais les grandes lignes sont là.

Les deux modèles ont leurs avantages, mais aussi leurs problématiques. L’urbanisme est un investissement dans le temps, et les architectes qui se penchent sur ce sujet aujourd’hui sont responsables de l’évolution des villes dans le futur, pour le meilleur et pour le pire.

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