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ENSA en lutte : que se passe-t-il dans les écoles d’architecture ?

ENSA en lutte : que se passe-t-il dans les écoles d’architecture ?

Sommaire de l'article

Depuis plusieurs semaines, la colère des étudiants et des professeurs monte dans les écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA). Que se passe-t-il ? Pourquoi les ENSA sont-elles en grève ? Que demandent les étudiants ? Architektôn fait le point.

ensa greve

Des problèmes financiers

Les premières tensions remontent à décembre 2022 et la publication d’une tribune dans le journal Le Monde. Cette dernière, rédigée par les vingt directeurs des ENSA, fait notamment état de leurs inquiétudes face à la situation financière de leurs établissements : 

“Nous, directeurs d’écoles d’architecture, appelons à un investissement massif dans l’enseignement de l’architecture afin de former les futurs acteurs de la transition.”

Les architectes se trouvent en effet au cœur de la transition écologique. À l’heure où nos habitats sont menacés par le réchauffement climatique et l’activité humaine, il est primordial de concevoir, d’aménager et de repenser nos espaces selon des considérations plus écologiques et durables.

Plus de cours dans les ENSA ?

Dès janvier, l’ENSA Normandie a retardé la rentrée du second semestre de l’année, en refusant de reprendre les cours. Si l’école n’a pas été bloquée à proprement parler, ce sont bien les enseignements qui l’ont été. Enseignants comme étudiants et personnels https://www.prepa-architecture.fr/wp-content/uploads/2022/05/darden-mba.jpgistratifs se sont rassemblés dans un même mouvement pour dénoncer le manque de moyens financiers et humains auquel est confrontée l’école.

Face à des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, la crise a rapidement dépassé la seule ENSA Normandie puisque toutes les autres écoles ont rejoint le mouvement. L’ENSA Rouen a elle aussi voté le blocage des cours, au moins jusqu’au 24 mars 2023, date à laquelle le Ministère de la Culture doit rencontrer les meneurs de la mobilisation pour la deuxième fois.

Que demandent les étudiants et le personnel des ENSA ?

Les ENSA font face à des problèmes multiples : 

  • La vétusté de leurs locaux : certains établissements manquent d’espaces, de salles de classes, d’autres sont installés dans des bâtiments qui ont grand besoin de travaux de rénovation et d’entretien… Les étudiants et professeurs déplorent des conditions d’études et de travail dégradées.
  • Le manque de personnel : emplois précaires ou sous-payés, arrêts-maladies et congés maternités non remplacés… Certains membres du personnel sont contraints d’occuper plusieurs postes à la fois et se retrouvent donc en surcharge de travail. Une situation difficile et tendue, qui a obligé notamment l’ENSA Normandie à reporter d’une semaine la date de la rentrée scolaire en janvier dernier car elle se trouvait en sous-effectif.
  • La sous-dotation des ENSA : le mouvement contestataire vise surtout à alerter l’Etat sur les moyens dérisoires alloués aux écoles d’architecture publiques. D’après Batiactu, “l’ENSA Rouen devrait connaître, en 2023, un déficit budgétaire de 680.000 euros”. Cette situation inquiète particulièrement les étudiants, qui ont compris que l’école allait devoir utiliser ses fonds propres pour continuer à fonctionner. À cela s’ajoute le manque de moyens dont souffrent les écoles d’architecture par rapport aux universités et aux classes préparatoires. Un rapport de l’Inspection générale des affaires culturelles datant de 2020 a dévoilé que l’Etat dépense en moyenne 8 500 euros par étudiant en école d’architecture, contre 10 600 pour les étudiants en université et 14 000 pour les préparationnaires. Une situation inégalitaire jugée inacceptable par les étudiants d’architecture, qui y voient une hiérarchie imposée de fait par l’Etat dans les études et donc une décrédibilisation de leur diplôme.
  • L’achat du matériel laissé à la charge des étudiants : la précarité ne touche pas que les personnels https://www.prepa-architecture.fr/wp-content/uploads/2022/05/darden-mba.jpgistratifs ou les professeurs, elle s’étend jusqu’aux étudiants. En architecture, ces derniers doivent acheter eux-mêmes le matériel dont ils ont besoin pour faire leurs croquis et leurs maquettes. Avec l’inflation et la montée des prix, tous n’en ont pas les moyens : d’après Le Figaro Etudiant, un étudiant en architecture dépense environ 1000 euros en matériel par an.

Au cœur des débats, on retrouve donc la création de nouveaux postes, la rénovation des bâtiments et surtout une revalorisation de la dotation allouée aux ENSA.

Vers une remise en question des méthodes d’enseignement ?

Si certaines ENSA ont complètement bloqué les cours et enseignements, d’autres profitent de la crise pour organiser des assemblées générales, mais aussi des tables rondes et des échanges entre étudiants et professeurs. Le dialogue est ouvert pour repenser la structure de l’enseignement de l’architecture afin qu’il soit plus en adéquation avec les enjeux actuels.

La réunion du 24 mars devrait nous permettre d’en savoir plus sur l’avenir de la profession tout entière et ce qui attend étudiants et professeurs dans les années à venir.

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