Prépa architecture Interview de Clémence H., étudiante à l’ENSA Paris-Val de Seine

Interview de Clémence H., étudiante à l’ENSA Paris-Val de Seine

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Actuellement en Master 2 à l’ENSA Paris-Val de Seine, Clémence H. revient sur son admission et ses études au sein de cette école d’architecture publique parisienne.

ENSA Val de seine interview étudiante

Pourquoi as-tu choisi de faire des études d’architecture ?

Clémence H. : “Déjà toute petite, j’étais intéressée par le côté artistique, le dessin… Finalement, au lycée, j’ai suivi une option durant laquelle j’ai fait un peu d’architecture et ça a été la révélation. J’ai su que c’était ce que je voulais faire.”

Quel a été ton parcours avant d’entrer à l’ENSA Paris Val de Seine ?

Clémence H. : “J’ai passé un Bac ES. En fait, j’ai postulé à une ou deux écoles d’architecture mais je me suis bloquée moi-même à cause des maths. Je pensais qu’il en fallait beaucoup pour entrer dans une ENSA et je n’aimais pas ça. Du coup, je n’ai pas été admise. J’ai commencé les études supérieures par un an de fac pendant laquelle j’ai aussi fait la prépa Architektôn tous les samedis.”

En quoi consistait la prépa ? Que t’a-t-elle apporté ?

Clémence H. : “On s’est beaucoup préparé aux entretiens et aux dossiers, notamment aux lettres de motivation et aux books. On a fait des sorties, on a été préparés à ce qu’était le métier d’architecte, etc. J’étais stressée pour les oraux et ça m’a beaucoup aidée d’être formée par des gens qui s’y connaissent.”

À combien d’ENSA as-tu postulé ? Comment les as-tu choisies ?

Clémence H. : “J’avais demandé toutes les écoles de la région parisienne, avec Rouen et Nantes. J’ai été prise dans pratiquement toutes, sauf Belleville. J’ai passé les entretiens de Versailles, Malaquais et Val de Seine, mais j’ai décidé de ne pas me présenter à ceux de Rouen et Nantes.

J’ai choisi ces écoles pour une question de mobilité : je n’avais pas de bourse et donc pas les moyens de quitter le domicile familial pour m’installer en dehors de la région parisienne.

J’ai été admise dans toutes les écoles donc j’ai eu le choix. Pendant mon oral, j’ai senti que Versailles était très stricte et je n’ai pas apprécié ce côté-là. Au contraire, à Val de Seine, on était accueillis par les étudiants. Les professeurs étaient très détendus et sympathiques, donc ils m’ont tout de suite mise à l’aise. À Malaquais, j’ai senti que c’était le côté artistique de la formation qui était mis en avant et c’est ce qui m’a fait peur.”

Comment se passent les entretiens d’admission ?

Clémence H. : “Les oraux ne se déroulent pas tous de la même façon, ils varient selon les écoles. Par exemple, à Versailles, on avait une enveloppe avec trois images et on devait répondre à des questions dessus. Il n’y avait pas tellement de questions personnelles.

Cette année, j’ai fait passer des oraux aux candidats de première année, donc j’ai vu les dessous des entretiens. On va essayer surtout de comprendre quelles sont les motivations des élèves à faire de l’architecture, ce qui les intéresse dedans, ce qu’ils font comme activités, le parcours qui les a amenés ici... On essaye de cerner leur personnalité et de comprendre qui ils sont, de voir s’ils sont réellement motivés.”

Comment t’es-tu préparée aux entretiens ?

Clémence H. : J’avais été préparée à ces oraux pendant la prépa. On devait créer un book, parce que certaines écoles en demandent. On nous entraînait aux questions classiques comme “Pourquoi tu veux faire de l’architecture ?”, ou encore “qu’est-ce qui t'intéresse dans l’architecture ?”. Moi, j’aimais beaucoup le dessin donc je me suis entraînée à lier mes dessins à l’architecture.

On apprend aussi à citer des références. Je l’ai vu beaucoup à la place du jury cette année : souvent, les gens ont des références mais c’est souvent subjectif, de l’ordre du “c’est beau, ça me plaît” ou “c’est pas beau, je n’aime pas”. Dans la prépa, on avait appris à développer le côté sensoriel de la chose et ce que l’on voit plus tard dans les études d'architecture.”

Comment se déroulent les années d’études une fois admis dans l’école ?

Clémence H. : “C’est 5 ans d’études au total : 3 ans de licence, 2 ans de master et une dernière année d’habilitation pour si l’on veut ouvrir notre propre agence. Cette sixième année est accessible n’importe quand, on peut la faire bien plus tard et travailler d’abord. C’est ce que j’aimerais faire : travailler trois ou quatre ans puis faire l’habilitation.

On a des cours sur la structure, sur les toits, les matériaux, etc. Ce sont des cours scientifiques, dans lesquels il faut calculer et être bon en maths. Ce ne sont pas mes cours préférés. On a aussi des cours sur les périodes et l’histoire, mais aussi tournés vers la philosophie. Les cours de projet ont les plus gros coefficients : on est censé élaborer un projet d’architecture. À Val de Seine, on est divisé en ateliers et les projets dépendent des ateliers. Chacun a sa spécificité : certains sont très techniques, d’autres vont plus être tournés vers la pratique et l’analyse du terrain, etc. Ces ateliers sont dirigés par différents professeurs. Donc certains vont vouloir mener des projets longs sur des mois et d’autres des projets courts sur quelques semaines. J’ai déjà eu à développer un projet sur tout un semestre.

On peut changer d’atelier tous les semestres. On doit faire trois vœux et on est affecté à un atelier selon nos vœux. J’ai choisi l’atelier tourné vers l’écologie parce que c’est ce que je veux faire après mes études. J’aimerais me spécialiser dans les problématiques écologiques et trouver une agence qui soit spécialisée dans ce domaine.”

Quel est le niveau de difficulté des cours ?

Clémence H. : “En termes de difficulté, je n’ai pas forcément trouvé les premières années exigeantes. Le niveau est élevé mais ça allait. Après, tout dépend des professeurs et des ateliers. Parfois, on a beaucoup de maquettes à faire dans la semaine, ou des projets à rendre sur des temps très courts… De manière générale, j’ai eu beaucoup de chance parce que je ne suis jamais tombée dans des ateliers qui fonctionnaient comme ça.

En licence, on doit passer un partiel par matière. En master, on a surtout des dossiers à rendre, avec un mémoire et le projet de fin d’études (PFE). On doit commencer à travailler sur le mémoire dès le M1, pour définir le sujet, le plan et la bibliographie. Je sais que dans certaines écoles, on ne peut pas commencer son mémoire avant, donc c’est plus difficile parce qu’il faut gérer à la fois les recherches et la rédaction en plus du projet de fin d’études.”

Y a-t-il des stages obligatoires à faire pendant ses études d’architecture ?

Clémence H. : “La deuxième année, on a un stage de chantier de trois semaines. En troisième année, on a un stage en agence d’un mois. Et en cinquième année, on a un autre stage en agence, mais de trois mois.”

Comment décrirais-tu l’ambiance de l’ENSA Val-de-Seine ?

Clémence H. : “On est entre 400 et 500 élèves par année, puis divisés en ateliers. Il y a 14 ateliers pour chaque année. Il y a une très bonne ambiance, une très bonne entraide. Certains cours sont donnés par les élèves, surtout pour les outils numériques.

Du côté des profs, ça dépend : certains sont plus stricts que d’autres. Je dirais que la majorité sont accessibles, toujours disponibles et à l’écoute pour nous aider si l’on a des questions.

Il y a plein d’associations au sein de l’école aussi, c’est très vivant. Beaucoup d’anciens étudiants montent des associations pour que l’école évolue, par exemple, un Fab Lab.”

Quels conseils donnerais-tu aux futurs étudiants de l’ENSA Val de Seine pour qu’ils réussissent leur admission ?

Clémence H. : “Pour intégrer Val de Seine, je pense qu’il faut juste rester soi-même pendant l’oral. Je pensais que les profs regardaient beaucoup le dossier, mais en fait pas tant que ça. Ils veulent surtout savoir qui on est et pourquoi on est là. Donc je dirais de surtout travailler sa motivation.

Aussi, je pense qu’il faut avoir des références diverses. Quand je faisais passer les entretiens, j’ai remarqué que tout le monde citait les mêmes architectes, par exemple Franck Lloyd Wright qui est revenu beaucoup ! C’est assez fastidieux. Ce n’est pas intéressant d’entendre tout le monde parler des mêmes références : trouvez des choses qui vous intéressent et n’essayez pas de faire plaisir au jury !”

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